Ce si cru langage
- 1990 Comeau
Madame, pardonnez-moi l’usage
De ce si cru langage
Mais je me sens comm’ ce volcan
Qui s’éveill’ soudain’ment
Madame, pardonnez-moi l’usage
De ce si cru langage
Mais il y a d’ça si longtemps
Que j’attends ce moment
Hors donc, sans vergogne, je m’engage
A parler sans ambages
Ouvertement, directement
Sincèr’ment, franch’ment
Hors donc, sans vergogne, je m’engage
A parler sans ambages
Libéral’ment, effrontément
Carrément, sauvag’ment
En moi, c’est l’animal qui parle
Qui rugit de sa cage
Qui se souvient encore du temps
De sa vie dans les champs
En moi, c’est l’animal qui parle
Qui rugit de sa cage
Qui ne peut pas faire autrement
Qui vous montre ses dents
Languir, je ne peux davantage
Fini ce verbiage
Ce bredouill’ment inconvenant
Ce bafouill’ment dément
Languir, je ne peux davantage
Fini ce verbiage
Je sors de mes gonds à l’instant
Je m’emporte, je le sens
Puisque je sens venir l’orage
Qui m’emporte, qui m’enrage
j’affronte courageus’ment
Contre-moi tous ces vents
Puisque je sens venir l’orage
Je m’emporte, je m’enrage
Et j’arrive au point culminant
Où vainqueur on se sent
Madame, pardonnez-moi l’usage
De ce si cru langage
C’est que j’ai de tels sentiments
A se perdre facil’ment …
Madame, pardonnez-moi l’usage
De ce si cru langage
Mais vous avez compris sur’ment
Quels sont ces sentiments …
André Comeau
Sauvagement